La première surprise en allant visiter Skopje est cet impériale anglais qui nous cueillera à l'arrêt du bus. La deuxième surprise arrivera au terminus de ce bus le long de la Vardar : nous voilà à Disneyland, à Las Vegas sans les casinos, dans le règne du kitchissime avec palais néo antiques, pont copiant ceux de Paris ou de Prague, un nombre de statues impressionnant, dont la plus grande est bien sûr celle d'Alexandre le Grand, bateaux en béton sortis d'une boîte de Playmobil. Certes la nation est jeune, certes elle est composée d'un tas d'ethnies qui cohabitent plus ou moins bien, certes elle est contestée par deux de ces voisins, la Grèce et la Bulgarie qui revendiquent une part de la Grande Macédoine, mais penser que l'on peut réunir un peuple derrière de tels projets architecturaux, que Boffil ne renierait peut être pas, est une idée qui date un peu.
Mais c'est comme dans la chanson, il suffit de passer le pont, et c'est tout de suite l'aventure dans Čaršija, le quartier ottoman le mieux préservé des Balkans. Un marché incroyable, un vrai bazar, des métiers que l'on ne voit plus guère, barbier, ferblantier, forgeron, un caravansérail que l'on a la chance de pouvoir visiter profitant d'une visite de professionnels, Istanbul en plus petit, des places ombragées par des platanes centenaires où il fera bon déjeuner, repaire aussi des enfants Roms qui mendient sous le regard de leurs parents, les mosquées et les hammams.
Préférant l'original à la copie, nous bivouaquerons ce soir dans les ruines romaines de Bargala, avec l'impression de jouer à Indiana Jones, impression renforcée par notre solitude et les quelques serpents écrasés vus sur la route.
jeudi 2 juin 2016
Štip - Macédoine
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire