dimanche 29 mai 2016

Valbonë - Albanie

Ce samedi, premier jour du week end, est l'occasion pour les Albanais de pratiquer la croisière sur le lac de Komani. Heureusement que nous avions été prévenus, et prévoyants, nous étions à l'embarcadère avec une heure et demie d'avance, car l'organisation était un peu foutraque : les deux "ferries" partent à la même heure, les minibus débarquent leurs passagers, d'autres minibus montent sur les bateaux, des voitures sont déchargés des sacs de farine, des rehausses de ruches, des matelas, tout ça sur un espace  grand comme la moitié d'un terrain de football à la sortie d'un tunnel où les croisements sont limites ! Tant bien que mal, tout le monde trouve sa place, les touristes, les riverains du lac sur une vedette ou sur des barques, et nous voilà partis pour trois heures sur le Drin.
Et c'est magnifique, parfois la gorge se resserre comme dans un fjord, deux à pics vertigineux cachant tout horizon, et quand elle s'élargit, à la sortie de la courbe, tout au fond, des montagnes encore blanchies par la neige. Quand la rive se fera plus hospitalière, la vedette s'arrête, dépose des passagers, des sacs et des gens attendent avec leur mule pour remonter l'ensemble chez eux quelque part dans la pente. L'eau est verte d'... eau, mais aussi recouverte de déchets plastiques beaucoup moins romantiques.
Le débarquement sera très rock and roll : absence de pente goudronnée, petit espace, les deux bateaux arrivant en même temps, les passagers et véhicules sortants voulant être les premiers, même jeu pour ceux qui veulent monter ! Bref, la routine.
La route, ici toute neuve, remonte la Valbonë, un affluent du Drin, qui roule des eaux gris bleu que traverse une vache audacieuse sur une passerelle suspendue, et débouche au pied des montagnes enneigées. En quelques kilomètres, nous serons passés d'une végétation méditerranéenne à une alpine, de plus de 30°C à 20°C dès que le soleil passe de l'autre côté de la montagne, celles du nord ouest, frontière naturelle avec le Monténégro et le Kosovo, frontière bien réelle il y encore quelque temps au vu des bunkers.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire