vendredi 20 mai 2016

Skradin (Parc national de la Krka*) - Croatie

*Pour commencer, un peu de prononciation : un "r" placé entre deux consonnes se prononce "eur". On dit donc "Keurka", ce qui est beaucoup plus facile.

Cette nuit, le tonnerre a souvent grondé, les éclairs ont zébré la nuit, la pluie a tambouriné sur la carrosserie, le bora, un vent violent d'est, a soufflé méchamment. Et cette matinée en porte les stigmates.
La ville de Zadar offre beaucoup d'attraits. Ville fondée par les Romains, elle fut par la suite envahie par des tribus slaves, tomba sous la domination vénitienne avant de finir autrichienne. Elle fut cédée à l'Italie entre les deux guerres mondiales, et fut en grande partie détruite durant la seconde guerre mondiale, et plus près de nous, durant les guerres en ex Yougoslavie. Chaque époque a laissé son empreinte, un forum romain, des fortifications vénitiennes, des palais habsbourgeois, des églises de toutes époques, des reconstructions plus ou moins réussies. Cette cité cernée par l'eau dégage une impression de douceur, de vie à l'image de son marché multicolore.
La côte après Zadar s'aplatit, laissant la place aux industries et aux marinas. Il y a peut être un parallèle entre les deux. Heureusement, les échappées vers la mer laissent apercevoir ce réseau d'îles, plus ou moins grandes, vertes ou pelées, habitées ou non.
La Krka se jette dans la mer par un long estuaire qui creuse un canyon dans la montagne. Au débouché de cette gorge se niche Skradin, joli petit village où nous faisons halte parmi les oliviers pour cette soirée d'anniversaire nuptial.

Île de Pag (Croatie)

La nuit a accouché d'un ciel pommelé, et les montagnes se perdent dans les nuages. La pierre blanche restera pâle. Nous sommes pourtant dans un monde désolé de caillasses.
Un ferry nous emmène sur l'île de Pag. Sa côte orientale est lunaire, sa côte occidentale sera plus verdoyante. C'est une île tout en longueur aux multiples contrastes. Au nord, c'est le domaine des figuiers et des oliviers aux troncs sculptés par les siècles. Au sud, la brebis est reine et Sylvie en appréciera son fromage. De loin en loin quelques pièces de vignes, des marais salants, de petits ports de pêche. Une vie essentiellement pastorale avec un peu d'ouverture sur la mer. Au milieu, tout ce que peut produire le tourisme de masse : marinas, centres commerciaux, résidences de tourisme, immenses campings, clubs de plongée, de jet ski, de quads, et puis sur trois kilomètres de plage, bars branchés et discothèques, paraît-il très prisées par les spécialistes, les clubbers, faisant de ce lieu, Zrće (appréciez encore une fois la facilité de prononciation), l'Ibiza croate, le Cancun dalmate ! Nous vous laissons deviner quelle partie de l'île a notre préférence.

mercredi 18 mai 2016

Senj (Croatie)

Les montagnes ont disparu temporairement peu après Feltre comme pour mieux ressurgir à l'approche de Trieste. Autoroute lourdement encombrée de camions, heureusement surtout dans l'autre sens, qui nous font réviser les lettres officielles minéralogiques des pays de l'est. Passage de la frontière entre l'Italie et la Slovénie sans quasiment s'en apercevoir, si ce n'était brutalement le passage à une langue slave.
La frontière entre la Slovénie et la Croatie sera moins discrète et moins rapide, mais notre passeport Schengen  fut très utile, et puis nous étions dans le bon sens. Les barbelés flambant neufs qui saignent la forêt rappellent des époques que l'on croyait révolues et qui ne grandissent pas l'idéal humaniste de l'Europe.
La côte croate est assez spectaculaire, entre montagne et littoral. Elle dessine de longues arabesques flanquées de stations balnéaires encore peu fréquentées en cette mi-mai (heureusement !) et de petits villages surplombant l'ensemble dans leur modestie.
Pour cette nuit, nous sommes face à la mer, ouvrant vers le soleil couchant, dans le tranquille clapotis de ce grand lac qu'est l'Adriatique, l'horizon barré par l'île de Krk (on vous laisse le soin de la prononciation). Ce petit paradis enlève l'amertume créée par cette frontière grillagée, et une goulée de rosé et ce franc soleil printanier en feront partir les dernières gouttes.

mardi 17 mai 2016

Feltre 2

Quelques pas dans le marché de Feltre, si typiquement italien : fruits et légumes à profusion, odeurs des poissons, des fromages et des charcuteries, parler haut et chantant, lunettes de soleil ostentatoires et chaussures vernies, réfugiés qui traînent leur ennui et leur misère, bousculade bon enfant et coups de klaxon ...
Le lion de Saint Marc de la Sérénissime Venise a bien du travail pour remettre en état les palais qui égrènent les rues montantes, et dont les façades couvertes de fresques s'écaillent inexorablement. Une bonne partie de ces palais est en vente, avis aux intéressés plutôt fortunés et surtout désintéressés !

lundi 16 mai 2016

Feltre (Vénétie - Italie)

La géographie a ses complexités dont les routes doivent tenir compte. Ainsi, une route à priori directe prendrait une direction sud-est, alors que la route choisie, parce que la plus rapide, évite soigneusement les Vosges et la Forêt Noire en les contournant par le nord, franchit l'arc alpin à son point le plus étroit en Autriche et suit les vallées encaissées des Dolomites pour aboutir ici.
Trois frontières traversées sans encombre, pas un contrôle à la frontière austro-italienne au col du Brenner, malgré toutes les informations quelque peu anxiogènes qui laissaient croire que des hordes de réfugiés tentaient de la franchir. Comme seule gêne, nous aurons vu voleter quelques flocons de neige (nous sommes quand même le 17 mai et nous étions à 1300 mètres d'altitude !), et comme salutation à notre arrivée en Italie, le vrombissement d'une Ferrari qui nous a sèchement doublé une fois le tunnel passé.

dimanche 15 mai 2016

Drusenheim (20 km au nord de Strasbourg)

Après une traversée de la France d'ouest en est, de près de 1000 km, devant nous le Rhin roule ses eaux boueuses gonflées par les pluies des derniers jours. Face à nous, l'Allemagne qui semble inaccessible, le bac que nous avions prévu d'emprunter restera à quai en raison des crues du fleuve et d'un courant plutôt fort. Il faudra se résoudre à prendre tout simplement un pont. Une péniche brave le courant, son étrave plongeant dans l'eau; il ne doit pas être facile d'aller vers l'amont dans ces conditions. Ceux qui ont l'air de se ficher totalement de ces courants sont les cygnes dont leur préoccupation principale semble être d'accomplir leur parade nuptiale.
Après cette route nettement dirigée vers le levant, demain nous obliquerons à 90° vers le sud et l'Italie.