vendredi 3 juin 2016

Berovo - Macédoine

La vallée de la Bregalnica qui remonte vers Kočani est encombrée de petites rizières appréciées par les cigognes, certaines en eau, le plant à peine repiqué, d'autres avec juste un fond d'eau et des plants plus drus. Fascinés par ce spectacle peu courant pour nous, et honteux de notre ignorance des techniques de riziculture, nous en oublierons presque la route et la conduite macédonienne exemplaire, entre autre, de l'ignorance de la signification de la bande blanche.
À Kočani, le marché bat son plein, les poivrons et les tomates pris d'assaut, mais de façon plus organisée comme sur un marché "occidental". Nous sommes chez les Slavo-macédoniens, les églises orthodoxes sont nombreuses et la mosquée y est bien discrète.
La vallée qui nous mène de Delčevo à Berovo est, elle, pleine d'arbres fruitiers : pommiers, pêchers, mais surtout cerisiers. Les montagnes qui la bordent à l'est forment la frontière avec la Bulgarie, frontière sans grand passage, les tensions diplomatiques entre les deux pays subsistant. Sur les flancs de cette montagne se dissimulent des villages où la mule tire la charrue, tire la charrette à foin, où la houe est fièrement portée sur l'épaule, où la main d'oeuvre est nombreuse et familiale, où les ruches font des taches de couleur dans la verdure des prairies, où les maisons en torchis se cramponnent à l'usure du temps, où un clocher ou un minaret en sont les centres, où des enfants vous courent après en riant et en criant des hello et où divine surprise, ou bien fantasme de touristes, des Macédoniens et des Roms cohabitent dans la même pauvreté et la même gentillesse.

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