Les pieds et les jambes lourds, le dos fourbu, les oreilles pleines des bruits de la ville, les yeux remplis des sourires des Albanais après leur victoire d'hier soir, le corps repu de bureks, nous avons visité Tirana. La matinée fut consacrée au culte : la mosquée et ses fresques sauvée de la destruction parce que monument culturel, la cathédrale orthodoxe kitchissime où l'on embrasse sans arrêt une icône, bonjour l'hygiène, le siège mondial du bektashisme, un peu grandiose, ces deux bâtiments étant neufs, les anciens n'ayant pu se prévaloir de monument culturel. Après l'esprit, le corps avec un passage au marché et au bazar, et ces bureks aux mille feuilles.
Nous aurions pu nous sentir des privilégiés lorsque nous pénétrons dans le Bloc, autrefois le quartier réservé à la Nomenklatura, et où il fallait montrer patte blanche pour y accéder. L'histoire est toujours ironique, car maintenant c'est le quartier branché de Tirana aux multiples bars où la jeunesse profite de son temps. De l'un de ces bars s'échappent même quelques paroles chantées en français par une jeune chanteuse et ses musiciens français en répétition avant un concert ce soir ! Dans ce quartier, on dissimule les façades derrière de hauts arbres ou des peintures vives, mais il faut juste se décaler pour voir ces immeubles de guingois.
Visite au musée historique, comme un complément de nos visites dans les sites archéologiques, qui balaye de la Préhistoire aux heures les plus sombres du XXème siècle. Le corps fatigue, le bus nous attend, avec un petit côté français, venant au choix de la RATP, de Toulon, de Rouen et bien d'autres encore.
Et ce soir, nous retrouvons notre oasis de verdure, avec cette dame, voile blanc sur la tête, qui remonte sa vache à l'étable. L'Albanie en raccourci, l'urbaine trépidante, la rurale immuable.
lundi 20 juin 2016
Kashar 2
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