Voitures, pick-up, minibus, taxis, mules convergent vers Çorovodë, c'est jour de foire. Après les difficultés usuelles pour circuler et se garer, place au spectacle, surtout au marché aux bestiaux. Les chèvres, entravées, sont dans des caisses, les moutons sont pieds et points liés et transportés comme de gros sacs, les veaux ont plus de chance. Très peu de volaille, pas de porc, nous sommes en terre musulmane. Les mules, pourtant indispensables, doivent faire l'objet d'un autre marché. Et tout ça dans les odeurs mêlées de suint, d'excréments des bêtes stressées, du gasoil des véhicules un peu âgés.
La vallée de l'Ossum se termine par un étroit canyon, et nous irons jusqu'aux limites apportées par la voiture, renonçant à la suite en raison de températures élevées (36°C à 10 heures à l'ombre, mais il n'y a pas d'ombre !).
Cette vallée étant un cul de sac pour nous, retour vers Berat où nous irons vers le nord. Peu après Berat, l'odeur forte et entêtante du pétrole envahit l'habitacle. Pas de panique, et bienvenue au Dallas albanais : dans un couinement d'animal affamé, des puits de pétrole tournent inlassablement surmonté d'un derrick métallique. Pour être franc, il ne reste que quelques uns de ces puits désuets en fonctionnement.
C'est la journée des odeurs puisque dans la vallée suivante, c'est une fragrance très légère et un peu âcre qui surprend nos naseaux, celle des feuilles de tabac qui sèchent.
Elbasan était une ville industrielle cernée maintenant de squelettes d'usine, et si son centre se redynamise, il est bien calme en ce samedi après midi, sous la canicule, et en ce jour de Ramadan. Même les matches de foot diffusés dans tous les bars n'attirent personne.
dimanche 19 juin 2016
Elbasan
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