Ce qui n'aurait pu être qu'une banale journée d'attente fut aussi une journée de découvertes. D'abord en ce dimanche matin de forte chaleur, les Tiranéens se précipitent à la mer par l'autoroute menant à Durrës, et nouvelle expérience pour nous, celle des bouchons. Imaginez deux voies transformées en trois par la grâce de la bande d'arrêt d'urgence, et il est très gratifiant de la nommer ainsi, et le slalom continu des Mercedes. Ensuite, pour rester dans la circulation, arrivés à Durrës, la surprise de voir un train s'ébranler, des wagons aux vitres caillassées tirés par une diesel asthmatique sur des rails branlants où poussent l'herbe et où paissent les moutons.
Un dernier adieu à un marché et à un bazar, où nous nous régalons d'un burek et de cerises juteuses, et nous entamons une longue pérégrination dans la ville, rythmée par les images de la difficile qualification des Français diffusées dans les bars. Nous verrons l'amphithéâtre, dont une partie sert de soubassement à des maisons, un hammam, une tour vénitienne, un rempart byzantin, une mosquée du XVIIème siècle, des immeubles "communistes" dont on ravale les façades, bref un condensé de l'histoire albanaise. Sur la plage, quelques intrépides vont chercher dans l'eau fraîcheur et érythème, ce sont les eaux les plus polluées du pays. Un pêcheur, l'eau jusqu'à la poitrine, lance avec justesse son filet. Le geste est beau, mais qu'en est il de sa pêche ?
Les formalités d'embarquement, l'occasion d'admirer la dextérité des camionneurs dans une partie de Tetris géant, l'appareillage avec seulement une demi-heure de retard, le soleil qui se couche face à la proue, la côte qui s'estompe dans le crépuscule. Clap de fin !
dimanche 26 juin 2016
Durrës
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