mardi 28 juin 2016

Ancône

L'ambiance sur le bateau est très masculine, empoignades et embrassades viriles entre ces camionneurs qui se retrouvent pour la traversée. Les dominos claquent, les jetons de backgammon s'entrechoquent, le bar s'emplit à la mi-temps du match, le parler est albanais. La nuit fut bercée par les trépidations du moteur. L'équipage philippin nettoie les ponts à grande eau, les voyageurs s'éveillent et grimacent devant le petit déjeuner et son prix.
Vers l'ouest, une île rocheuse non identifiable se dessine dans la brume. L'Adriatique est sillonnée par de nombreux navires.
Après manger, la côte apparaît plus nettement, Ancône et son port se précisent, la vie à bord connaît une certaine effervescence. Le débarquement commence, curieux mélange italo-albanais d'organisation. Le bateau se vide, peu continuent jusqu'à Trieste. L'escale est longue. Arrivés à 14 heures, nous ne devrions pas repartir avant 19 heures, et restons incompréhensiblement consignés à bord ou dans l'enceinte exiguë du port. C'est dommage car vu du bateau, Ancône a l'air de présenter des caractéristiques toscanes, et une bonne glace italienne aurait été agréable. Nous nous contenterons d'en voir la silhouette et le ballet des bateaux de pêche et des ferries pour la Croatie ou la Grèce.

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