Zeus nous poursuivrait-il de sa vindicte et de ses foudres pour avoir omis de lui faire une offrande à Butrint ? L'orage a grondé au petit matin. Nous nous sommes tournés alors vers Phaëton et Eole, et nos voeux ont été exaucés, le ciel s'éclaircit, la mer Ionienne prend un bleu idéal. Bien pratique d'avoir plusieurs dieux à sa disposition !
La côte est sauvage, les constructions balnéaires encore rares. Par de petites routes escarpées, on descend à des criques, des anses,des baies au milieu des pins, des aloès, des oliviers et au fond, une eau transparente. A droite, les montagnes qui culminent à 2000 mètres se perdent dans le ciel resté bas de ce côté, à gauche Corfou se dessine plus nettement.
Un village au nom andin, Qeparo, nous attire irrémédiablement. Une route bétonnée qui grimpe rudement parmi les lauriers roses et les oliviers débouche sur une minuscule place. La suite, c'est à pied dans les ruelles sinueuses, pavées et rarement horizontales. La vie est plus facile en bas, l'exode rural est fort, beaucoup de maisons sont hélas abandonnées. Un architecte français en a retapé quelques unes pour en faire des gîtes (C'est même passé à la télé sur France 2).
Quelques kilomètres plus loin, une baie entièrement sauvage, avec en son milieu une presqu'île dominée par un des châteaux de Ali Pacha, et c'est sur l'isthme que nous bivouaquerons ce soir. Un bon bain rafraîchissant en évitant de marcher sur les oursins, un regard vers ce tunnel sous la montagne, ouvrant en mer datant de la guerre froide, et semblant sortir d'un Blake et Mortimer, ou d'un James Bond, au choix.
mercredi 15 juin 2016
Porto Palermo (6 km au Sud Est de Himarë) - Albanie
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