dimanche 12 juin 2016

Mursi (20 km au Sud de Sarandë, à la frontière grecque) - Albanie

Les pistes qui formaient une patte d'oie, au sortir du pont, sont tres empruntées, de tard le soir à tôt le matin. Les mules, et évidemment, les muletiers, sont les plus nombreux à les emprunter, nous permettant ainsi de vérifier quelques adages, comme "têtue comme une mule", ou encore "charger la mule", ne sachant plus s'il faut les utiliser au sens propre ou non.
Gjirokastër étale ses villas opulentes sur les flancs des collines, le long de ses rues étroites pavées grossièrement. Ces maisons patriciennes, aux lourds toits de lauzes grises, trouvent leur grâce dans ces étages successifs, crépis puis en bois, et des tourelles qui les flanquent. Parmi ces villas, celle qui a vu naître Ismaël Kadaré, il y a 80 ans, le grand écrivain albanais qui, en parlant de sa ville natale, écrit :"Tout dans cette ville était ancien et de pierre, depuis les rues et les fontaines jusqu'aux toits des grandes maisons séculaires, couverts de pierre grise, semblables à de gigantesques écailles..."*
Gjirokastër a aussi vu naître une autre célébrité albanaise, le sinistre Enver Hoxha, dont, avec un goût douteux, le portrait orne les mugs dans les boutiques de souvenirs.
Plus au Sud, une petite ville où les Mercedes noires sont très neuves, où les maisons se cachent derrière de hauts murs de parpaings, fait inhabituel en Albanie, sauf si l'on veut dissimuler quelques plantations d'herbes illicites nécessitant eau et chaleur. Les paysages ont totalement changé, les montagnes sont pelées, la végétation chiche, le sol aride, le nom des villages est doublé en grec.
* Ismaël Kadaré, "Chronique de la ville de pierre"

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